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BEYROUTH APRÈS LA GUERRE CIVILE ET ETRANGÈRE "ANALYSE D’AMENAGEMENT"

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Salah el‑dine M.A. SADECK

 

Univ.

Bordeaux III/M. de Montaigne

Spéc.

Urbanisme

Dip.

Année

# pages

D.N.R.

1998

445

 

Cest une étude  sur  un  espace  urbain  ravagé  après  seize  ans  de  guerre,  qui  fut  le  coeur historique et politique du Liban et le centre de toutes les fonctions vitales du pays avant d'en être le plus grand champ de batailles. Sa situation géographique comme trait d'union entre l'Orient et l’Occident lui a réservé un rôle primordial, non seulement au niveau national mais aussi au niveau regional et même international. A la veille de la guerre, Beyrouth était à son apogée économique, financière et sociale. Plaque tournante du Moyen‑Orient et du monde Arabe. Tous les pays arabes régionaux avaient recours à ses services et rares étaient ceux qui pouvaient s'en passer. Elle faisait concurrence à des pôles financiers aussi prestigieux que Zurich, Hong‑Kong et autres... . Cette fonction internationale, elle le devait aux jeux des ambitions, aux convoitises des puissances étrangères qui avaient fait main‑basse sur le Liban à partir de la 2ème moitié du 19ème siècle. Ayant en mains les destinées économiques de la ville, elles ont modelef son espase et dessiné son organisation. Ce dessin s'est surimposé, tout en s’intégrant, aux trames traditionnelles de la ville.

Avec le déclenchement de la guerre en 1975 et suite aux évènements qui se sont déroulés sur le territoire libanais, la region de Beyrouth a été durement atteinte. Son centre‑ville qui a été directement touché par les destructions, a trouvé ses fonctions et ses activités réduites à néant. L'animation de jadis n’existe presque plus. La guerre a fait perdre à Beyrouth son rôle privilégié. Le centre‑ville a perdu tous ses atouts. Le commerce, les banques, les hôtels, les universités, les habitants de la région ont dû quitter le centre‑ville et s'implanter dans d'autres régions libanaises plus sécurisantes. La destruction du centre‑ville de Beyrouth a causé la paralysie de toute l’infrastructure économique du pays. Aucune région libanaise n'a pu assurer tous les services socio‑économico‑culturels qu'assumait le centre ville de Beyrouth.

Beyrouth est passée en quelques années du statut envié de pôle économique international et de capitale nationale, à celui peu enviable de théâtre d'opérations militaires et de symptôme de l’émiettement du Liban. Elle est devenu le centre d'un enjeu régional majeur, ou très vite les affluences idéologiques et sociales classiques attisées par de très nombreuses influences étrangères, font place aux batailles de rues pour dégénérer rapidement en conflits religieux.

Les caractéristiques essentielles de l’évolution urbaine de ces années de guerre sont en effet :

  • La disparition du Centre histonique, devenu "no man's land", comme marque principale de la division   de ses citoyens. La ville s’est mise a apprendre à vivre sans plus avoir de centre. Elle a commencé à créer spontanément, par la force des circonstances, un véritable et unique urbamisme de guerre.
  •   La césure de la ville en deux capitales séparées par la ligne de démarcation a commencé son évolution irréversible. Comme si elle devait marquer une fois pour toute l’opposition de deux ensembles urbains qui. après avoir cohabité dans la dépression centrale du site, se retrouvent pendant la guerre, tenant chacun une des deux collmies de leurs anciens faubourgs, irrémédiablement séparés par tout ce qu'ils avaient eu en commun. Puis les ségrégations se sont aggravées entre les confessions.
  •   Le transfert des activités, jusqu'alors hypercentralisées, en dehors du centre vers les diffirents secteurs de la ville, à l’Est comme à I'Ouest de la ligne de rupture créée par la guerre. Chaque morceau de la ville s’est doté ainsi de centres commerciaux de remplacement, d'agences bancaires, d'antennes administratives, etc...

Il a fallu le plus souvent tout créer dans un environnement et un cadre bâti où rien n’avait été prévu pour accueillir cette décentralisation, au sein d'un tissu chaotique, dans la précarité aggravée par la guerre et une situation politique, sociale et économique sans avenir discemable.

Aujourd'hui et grâce à la volonté des Libanais, les travaux de reconstruction du centre ville ont débuté, et les retombées commencent, petit à petit, à paraitre. Le capital essentiel pour l’exécution du projet est rassemblé. Une société gère ce capital en but de supervision, d'exécution et du bon déroulement des démarches de réalisation du projet.

Ainsi ce projet de recherche porte sur les répercussions de la guerre (1975‑1991) sur la ville de Beyrouth. Il décrit et analyse les mutations urbaines, sociales et économiques survenues à Beyrouth au cours de ces années de guerre. Il comporte deux divisions principaux ; la première met l’accent sur les différents changements dans l’infrastructure et les fonctions de la ville ; la deuxième décrit et analyse la reconstruction de la ville à partir de 1991.