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LES RIVAGES DE LA MER DES PERTUIS ET DES ILES CHARENTAISES

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Abdulrahim M. IBRAHIM

 

Univ.

Bretagne Occidentale

Spéc.

Géographie Physique

Dip.

Année

# Pages

D.N.R.

1991

465

           

 L'étendue du secteur étudié, la complexité des phénomènes mis en jeu et la variété du modelé auront orienté cette étude vers des points paraissant essentiels pour comprendre la morphologie du littoral charentais et en expliquer l'évolution. C'est pourquoi ce travail a  retenu, quant aux bordures et à l'arrière‑pays, les grands faits structuraux et morphologiques nécessaires à la compréhension du modelé littoral dans ses grandes lignes.

 Dans le cadre de cette vaste zone, l’analyse détaillée du modelé aurait été pratiquement impossible par manque de temps et/ou de moyens matériels. Ces diverses contraintes ont  du être prises en compte dans ce  travail.

  Cette région a déjà été le sujet de nombreuses études. Néanmoins, peu d'entre elles ont trait a la géomorphologie littorale, hormis les travaux de         L. PAPY (1941), F. VERGER (1968), R. REGRAIN (1980), P. MASSON (1973), M. TESSON (1973), et X. ANDRE (1986), entre autres. Ainsi un travail prenant en compte la diversité d'aspect morphologique, les caractéristiques originales du milieu littoral charentais semblait nécessaire. C'est pourquoi, cette étude s'est fixée pour but de contribuer à une connaissance générale du milieu physique du littoral charentais et en particulier de mettre en évidence les grands traits morphologiques, d'en ressortir l'originalité, de synthétiser la connaissance d'une longue évolution morpho­dynamique.

  L'étude  a  comporté  plusieurs  étapes  principales. Après  une  période  de  recherches

 bibliographiques, nous avons d'abord procédé à une photo‑interprétation de la totalité de la région avec, selon les secteurs, un approfondissement du travail. Ensuite,  ce fut une période de recherche sur le terrain dont les données recueillies étaient traitées au laboratoire. Enfin un travail cartographique fut réalisé par synthèse entre les observations de terrain et la photo‑interprétation.

  Décrire une morphologie en tant que telle ne présente qu'un intérêt scientifique relatif. Par contre, la géomorphologie, en relation avec d'autres disciplines, permet d'éxpliquer les grandes lignes morphologiques d'une zone, leur histoire, leur évolution et elle permettra de résoudre, entre autres, les problèmes d'aménagement du territoire. 

 

La côte charentaise à morphologie si variée illustre parfaitement ces propos. Elle offre matière à de nombreuses interrogations. Celles‑ci, dont nous ferons un bref inventaire, ont orienté ce travail.

‑ Si la structure charentaise est affectée par une série d'anticlinaux et de synclinaux, comment peut‑on expliquer la platitude des formes du relief et leurs faibles altitudes ? La lithologie seule, peut‑elle expliquer un tel relief et répondre à ces questions ?

‑ Le contact dans une région littorale de trois milieux (hydrologique, atmosphérique et continental) en expliquerait‑il la différenciation et la complexité morphologique ?

‑ L'orientation des îles de Ré et d'Oléron, ainsi que leur insularité seraient‑elles en rapport avec la structure géologique?

‑ La morphologie littorale actuelle résulte‑t‑elle de processus contemporains, récents ou anciens ?

 

‑ Le modelé des fonds sous‑marins trouve‑t‑il son origine dans la structure du substratum ou bien faut‑il le relier à la sédimentation détritique ?

‑ Si la plate‑forme d'abrasion marine est large et bien aplanie, peut‑on en déduire une stabilité du niveau marin ?

‑ Les agents et les processus dynamiques sont nombreux. Gènérent‑ils toute l'évolution actuelle ? Et jusqu'à quel niveau influencent‑ils la morphologie de la côte ?

-  La variation de la direction et de l'orientation des rivages à Ré et à Oléron est‑elle liée à la tectonique ou à la structure lithologique ?

‑ La surface plate des îles correspond‑elle à une surface d'aplanissement ? Et à quelle époque appartient‑elle ?

‑  L'érosion différentielle expliquerait‑elle la configuration du modelé charentais ?

 - De nombreuses traces, témoins de différents évènements géologiques, ont marqué le modelé de la région ; certaines ont été démantelées et enlevées définitivement: d’autres ont été figées et conservées. Divers processus et agents morphodynamiques ont découvert certaines d’entre elles. L’étude de ces héritages morphologiques peut-elle nous renseigner sur l’histoire de la region, les climats prédominants et les déplacements de la mer?

  - La côte présente une alternance de pointes et de baies. Les premières s’érodent et reculent, les secondes, au contraire, se comblent. Ainsi sommes-nous dans un stade de regularization de la côte?  Les ravages de demain seront-ils beaucoup plus simples que ceux d’aujourd’hui?